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Se rappeler : traverser les millénaires et les continents pour se retrouver autour d'un bol de thé...
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Chap.

b. A travers le temps

1. Les légendes du thé

 
 
 
Thé et sagesse
Eveil, conscience, guérison, thé...
 
 
 

Qui nous parle du thé? Quelles voix viennent à nous pour nous conter ces temps d'avant... ces temps qui semblent d'avant tout ? J'ai entendu de multiples légendes avec leur part de vérité rêvée et de mensonge vécu. J'en ai gardé quatre pour vous, aujourd'hui: une chinoise, une japonaise, une indienne... et une imprévue.

En 2737 avant notre ère quelque part en Chine, et plus précisément sous un arbre, se reposait un étrange empereur: Shennong, le "laboureur divin". Son corps était humain, sa tête était celle d'un buffle et son être avait, semble-t-il, quelque chose de divin. Il fait partie des Trois Augustes avec Fuxi découvreur des trigrammes et de la divination et Huangdi qui instaura les noms de familles, les rites... Shennong, lui, apporta au peuple chinois l'agriculture (et notamment le riz, le soja, le millet, le blé, le sorgho). Toutefois pour que les Chinois puissent aller au champ il fallait veiller à leur santé. C'est ce qu'il fit: il créa également cette médecine préventive, principalement à base de plantes, la médecine chinoise de l'époque. Nous lui devons ainsi le Shennong Bencao qui est le premier herbier de Chine. Ce jour là Shennong était donc, modestement, assis au pied d'un arbre sauvage. Certains racontent qu'à la suite de recherches sur les plantes il s'était intoxiqué. Il faisait bouillir de l'eau, afin de la purifier, lorsqu'une bise se leva et fit tomber deux-trois feuilles dans cette eau frémissante. Il la vit alors changer de couleur et fut réjoui du parfum qui s'en dégageait. Il décida de goûter et découvrit un breuvage à la fois riche en arômes et aux nombreuses vertus, dont celle d'aider à la désintoxication.

Les deux autres légendes, japonaise et indienne, nous parlent de Bodhidharma. C'était un prince indien qui au VIème siècle partit en Chine prêcher le bouddhisme et fonder la secte Ch'an. Cette dernière se développera au Japon, près du 6 siècles après, sous le nom de zen.

Il avait fait le voeu de ne jamais dormir afin de ne pas voler un seul instant à sa mission. Malgré tout, un jour, épuisé il tomba de fatigue sur le bord d'un chemin. Et, pire encore, il rêva de femmes. A son réveil, ivre de colère, il s'arracha les paupières et les jeta. Quelques années après, en repassant au même endroit il vit que là où il avait jeté ses paupières deux arbustes avaient poussé. Des arbustes dont les feuilles ont le pouvoir de maintenir l'esprit en éveil.

A la fin de sa vie il resta assis en méditation face à un rocher pendant neuf ans. Au bout de quelques années, assez lassé, il eut le geste curieux d'arracher des feuilles de l'arbuste qui poussait à proximité et de les mâcher. Il découvrit alors que ces feuilles permettaient à l'esprit de rester dans un état de concentration, chassant l'ennui. Il put ainsi poursuivre, sans bouger, sa méditation pendant neuf années. Son image finit par se graver sur le rocher et, quant à lui, il perdit l'usage de ses jambes.

Présentés dans ces trois légendes, nous sommes bien entendu, en présence de théiers sauvages. La légende chinoise nous présente le thé sous son aspect médicinal. Une confusion avec l'idéogramme d'une plante amère "T'u" fait remonter le thé très loin dans le passé. En fait le thé, consommé certainement un peu avant notre ère mais guère plus, n'apparut d'abord que comme une boisson médicinale sous les Han de l'Ouest (206 av. JC à 24 ap. JC). Ce ne qu'à la fin de la dynastie Han de l'Est (25 à 220) et pendant l'époque des Trois Royaumes (220 à 280) qu'on en fit une boisson quotidienne puis, à partir de la deuxième moitié de la dynastie Tang (618 à 907), un allié des poètes et autres esthètes.

Les légendes indiennes et japonaises font remonter l'apparition du thé très tardivement: VIème siècle après JC. Sachons que les premiers théiers au Japon furent apportés au début du IXème siècle et que ce furent les moines Zen qui développèrent sa culture dans l'île. Quant à l'Inde on y découvrit des théiers que tardivement (première moitié du XIXème siècle) où le secret de la présence de théiers avait été le privilège de quelques tribus vivant dans la jungle de l'Assam.

 
 
 
Légende du thé
"J'ai la dernière vérité.
Elle est à celui qui
viendra la chercher..."

 
 
 

Et puis il y a cette quatrième légende :

Un homme était parti de son village à la recherche de l'éveil. Après de longues années, d'épreuve en épreuve, il était devenu un vagabond, un indésirable de nos bourgades. Un soir il se posa dans une forêt dense. Il fit un feu et pensa à tout ce qu'il avait vu, vécu et compris: des morceaux de lumière, de vérité... mais rien d'un éveil. Il se décourageait un peu lorsqu'il entendit, en haut d'un arbre, un oiseau chanter: "j'ai la dernière vérité. J'ai la dernière vérité. Elle est à celui qui viendra la chercher..." .

L'homme entreprit alors de monter tout en haut de cet arbre. L'escalade était difficile et dangereuse. Au fur et à mesure qu'il grimpait vers cette dernière vérité, il devait lutter contre le vertige. Il se guidait au chant de l'oiseau sans jamais l'apercevoir. Il parvint enfin à la cime et, baigné dans une somptueuse lumière dorée, il vit le soleil se coucher, les étoiles apparaître mais nul oiseau. Toutefois la voix, sortant de nulle part et de partout à la fois, lui dit: "tu es venu accueillir une dernière vérité alors reçois-la et pars l'offrir aux hommes qui te croiront."

A ce moment toutes ses questions se changèrent en réponses et ses réponses en questions. La lumière devint ombre et de l'ombre naquit la lumière. Tous ces morceaux de vérités éparses s'assemblèrent pour former une vérité nouvelle multiple et entière. Ainsi sa dernière vérité devint sa première. Son coeur se mit à sourire et son sourire à dire les mots de son coeur. Alors, sans redescendre de l'arbre, éveillé et léger il put continuer son chemin chevauchant quelques vents d'une sauvage sagesse.

Depuis, cet arbre du passage, de la métamorphose, qui était un théier sauvage, est vénéré. Certains d'entre nous offrent ou reçoivent quelques unes de ses feuilles, attentifs à tout ce qu'elles pourraient, dans l'éclat doré d'une tasse, nous dire ou nous chanter, sensibles à tout appel.

Voyez que le monde du thé est riche de légendes et de réalités parallèles. Et s'il est vrai qu'un peuple sans légende est destiné à mourir de froid, le thé saura nous préserver de la morsure vénéneuse et sèche de la glace...

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