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Pratiquer un bon thé est un exercice spirituel...
La Voie du thé ce n'est pas imiter, singer, répéter. La Voie du thé exige d'expérimenter, d'innover, d'oser, d'enrichir, de personnaliser. Alors soyez dans la justesse : appropriez-vous la Voie du thé !
"Il n'y a rien à démontrer, il suffit de pratiquer".
Il n'y a pas de secret. Tout est là. Rien n'est caché. Présent comme l'instant présent. Il n'y a pas plus ni moins de vérité. Juste une tradition, un esprit de relations, un choix profond de certains gestes, une idée humaine de la vie, une conscience d'incarnation, une façon d'être présent...

audité par :
Chap.

c. Pratiquer un bon thé

7. 1001 préparations...

 
 
 
Ama Cha, Amacha
Selon la tradition japonaise l'Ama Cha MA,
fréquemment surnommé "Thé du Bouddha",
est offert en offrande chaque 8 avril
dans les temples bouddhistes
En savoir plus sur cette tradition...
 
 
 

Mais, s'il y a des thés qui nous ressemblent plus que d'autres, il n'existe heureusement pas de préparation unique et standard à travers le monde... voyez comme on a tant à découvrir les uns des autres :

  • En Chine on procède souvent à plusieurs liqueurs avec la même infusion.

  • Pendant la période Tang (618-907) en Chine on bouillait le thé avec toutes sortes d'éléments comme du riz, du gingembre, du sel, des épices, des oignons...
  • Pendant cette période Lu Yu, lui, préconisait de rôtir le gâteau de thé devant le feu puis, lorsque celui-ci était devenu souple comme le bras d'un enfant, de le pulvériser. Dans un premier bouillon il fallait mettre le sel, le thé dans le deuxième puis, dans le troisième, mettre de l'eau fraîche afin de rendre à l'eau sa jeunesse. Il proscrivait, comme nous le voyons, tout autre ingrédient que le sel.
  • Au Tibet on fait bouillir des morceaux de brique de thé vert, on sale l'eau et on y ajoute du beurre de yak ou du lait de chèvre.
  • En Corée on ajoute parfois un peu de ginseng.
  • Au Japon on boit traditionnellement (Chanoyu) du thé vert battu dans de l'eau chaude.
  • En Afghanistan les thés verts ou noirs se boivent avec beaucoup de sucre en poudre (signe de richesse).
  • En Russie, où "pourboire" ("na tchaï") signifie mot à mot "pour le thé", on réalise une liqueur forte et concentrée bue, allongée d'eau chaude (samovar), le plus souvent dans des verres avec une anse en métal, sans lait, avec un morceau de sucre non raffiné ou une confiture de fruits dans la bouche. Parfois les Russes boivent le thé dans les sous-tasses ce qui permet de le faire refroidir et de mieux en apprécier le parfum.
  • Les Mongols portent à ébullition du thé vert provenant de brique puis ajoutent du lait (vache, brebis ou chamelle) ou de la graisse animale (yak, boeuf, mouton ou chameau) fondue, de la farine rissolée dans la graisse, des céréales (riz ou froment) puis un peu de sel. Enfin, avant de boire cette soupe, il font cuire le tout une quinzaine de minutes.
  • En Egypte on consomme un thé très sucré et sans lait. On le sert parfois, ainsi que dans d'autres pays, avec du sucre, une cuillère, des feuilles de menthe et un verre d'eau posé sur un plateau.
  • Au Maroc on infuse du gunpowder (thé vert de Chine), après l'avoir rincé rapidement avec un peu d'eau chaude, auquel on ajoute de la menthe (tiges et feuilles) et beaucoup de sucre (dans la théière)... et quelques fois, notamment en Tunisie, des pignons de pin légèrement grillés. Versez le thé en levant et descendant la théière afin de faire mousser votre liqueur.
  • En Turquie on sert un thé corsé provenant d'une théière constamment sur le feu à laquelle on ajoute de l'eau de temps à autre.
  • Au Turkestan on infuse simplement du thé vert pendant quatre minutes.
  • En Inde, lorsque le thé n'est pas préparé à l'anglaise, on mélange à égale proportion de l'eau et du lait. Dès que le tout arrive à ébullition on ajoute du thé et du sucre qu'on laisse chauffer à peu près 2 minutes. Dans certaines régions du Nord on ajoute à la liqueur des épices ou bien, par exemple, on met du thé vert dans de l'eau froide et on porte à ébullition pendant une minute en ajoutant du sucre, des amandes et de la cardamome. Dans le Cachemire le thé est bouilli avec de la potasse rouge, de l'anis et du sel. En Inde lorsque le thé est offert dans des tasses en terre cuite on les casse en les jetant au sol après usage... afin qu'elles ne soient pas "souillées" par des castes "inférieures".
  • En Iran on boit du thé noir avec du sucre (dans la tasse ou dans la bouche). Selon la "médecine" traditionnelle on consomme du thé vert comme remède. Sur la frontière irano-pakistanaise on place le thé dans l'eau et lorsque celle-ci arrive à ébullition on ajoute du lait qu'on laisse chauffer encore quelques instants. Dans les montagnes du centre certaines populations font bouillir eau et thé.
  • Adam Olearius, voyageur hollandais, remarqua lors de son voyage en Perse, pendant la première moitié du XVIIe, qu'en ce pays on ajoutait quelques fois à la liqueur un peu d'anis ou des clous de girofle.
  • Dans de nombreux pays consommateurs de thés verts et noirs on boit le premier pour se "rafraîchir" et le deuxième pour se "réchauffer".
  • Certains "lavent" le thé avant usage avec de l'eau chaude ou froide.
  • D'autres tiennent la théière au chaud en l'enveloppant de tissus... en Angleterre on nomme cela un "cosy".
  • Dans la première moitié du XVIIème siècle le thé, en Europe, semble avoir été bu sans lait et avec divers éléments tels du sel, du safran, du gingembre, des noix de muscade...
  • "Pour faire deux bonnes tasses de thé, il faut prendre une chopine d'eau que l'on fera bouillir dans un coquemar d'argent, de cuivre étamé ou de terre vernissée et lorsque l'eau bout on y jettera environ une dragme de thé, et en même temps on retirera le coquemar du feu pour le laisser un demi-quart d'heure couvert, qui est le temps nécessaire pour que la feuille soit allée à fond, et que l'eau ait bien pris la teinture. Alors on versera doucement dans des tasses de porcelaine ou de faïence, où on aura mis la grosseur d'une noisette de sucre commun ou de sucre candy; ou bien tiendra le sucre dans la bouche, comme on a accoutumé de faire aux Indes et l'on boira aussi chaud que l'on pourra gorgée à gorgée" (P.S. Dufour, 1693).
  • "A cette époque (fin XVIIe), la manière de préparer le thé n'était guère connue en Angleterre que dans quelques grandes maisons de la capitale; les chroniques du temps rapportent que la veuve de l'infortuné duc de Montmouth avait envoyé une livre de thé à un de ses parents en Ecosse, sans indiquer la méthode de l'apprêter, le cuisinier fit bouillir la plante, jeta la liqueur, et servit les feuilles comme un plat d'épinards".
  • "Il est certain qu'après la seconde (infusion), toute la force en est dissipée, et qu'il ne vaut plus rien. Si ceux qui s'en sont servis en veulent tirer la dernière quintessence, ils peuvent l'employer en salade comme font les Hollandais aux Indes, en y mettant de l'huile et du vinaigre" (fin XVIIe).
  • Le père Lecomte, jésuite, écrivit dans son histoire de la Chine (1697) "j'eus la curiosité de goûter l'écorce du tronc (d'un théier) et des branches, je mâchai aussi du bois et des fibres; l'un et l'autre me parurent sans aucune amertume, et même sur la fin j'y trouvai un goût de réglisse assez agréable mais...", conclut-il, "très peu sensible."
  • Morin, "un célèbre médecin de Grenoble" du XVIIe préconisait à ses malades de mâcher le thé pour guérir des aigreurs d'estomac.
  • En Amérique où l'on buvait essentiellement du thé vert, à la fin du XVIIème siècle, les puritains le préparaient en décoction, sans lait ni sucre, et parfois mangeaient les feuilles infusées avec du sel. Tandis que dans les tea-parties de la haute société on ajoutait au thé du safran, des racines d'iris ou des pétales de gardénias.
  • En France, au XIXème siècle, il a été relevé qu'après avoir échaudé la théière (par une eau chaude laissée quelques instants puis jetée) on laissait infuser le thé dans une théière à moitié remplie. Après un temps compris entre 6 et 8 minutes on ajoutait la quantité d'eau nécessaire au nombre de tasses souhaitées. On laissait infuser 2 minutes puis on servait le thé avec une adjonction de sucre (habituellement quatre fois plus importante que la quantité de thé) et de deux petites cuillères de crème froide par tasse. Pour refaire un service on rajoutait de l'eau à la moitié d'eau restante et on recommençait. On comptait 8 grammes de thé pour 2 tasses, 12 grammes pour 4 tasses et trente pour douze tasses. Les mélanges de thés verts avec du thé noir étaient fréquents bien que certains préférassent l'un ou l'autre pur.
  • Les Allemands de la Frise de l'Est boivent un thé corsé avec un morceau sucre candi au fond de la tasse auquel ils ajoutent, en dernier, une cuillère de crème. Se forment alors des petits dessins à la surface qu'il ne faut surtout par remuer.
  • Les Anglais versent sur un peu de lait, du thé. Mais certains préfèrent le "milk in second" (d'abord le thé puis le lait).
  • En Europe le thé se boit aussi, quelques fois, avec du rhum.
  • Les hommes du Bush australien préparent le thé dans une gamelle métallique posée sur le feu: un "billy". On nomme cela un "thé billy".
  • Dans les Etats-Unis actuels on boit force de thés solubles.
  • Dans de nombreux pays on met du thé dans des sachets en papier que l'on place dans de l'eau chaude... c'est plus simple et plus rapide semble-t-il.
  • Sans oublier ceux qui lisent l'avenir dans les feuilles au fond de la tasse...

Bien entendu cette petite liste, tel un inventaire à la Prévert, n'est ni exhaustive, ni générale... il faut tenir compte des coutumes et traditions régionales, villageoises, familiales et personnelles.

 
 
 
Thé vert à la menthe
Le thé vert à la menthe :
un art de vie et un éloge à l'hospitalité
En savoir plus sur ce thé...

 
 
 

Voyez le thé se décline selon toutes les envies et les imaginations. Ces pratiques sont riches et témoignent d'un formidable apport culturel... L'essentiel est donc de préparer un thé qui vous ressemble... Terminons tout de même par François Massialot, qui dans son traité "Nouvelle instruction pour les confitures, les liqueurs et autres fruits", en 1692, recommandait de "fumer du thé en manière de tabac". Toutefois nous avons expérimenté, à plusieurs reprises, cette dernière recommandation... et n'avons pas été très convaincus.

Préparation, "bagage" technique, connaissance... Méfiez-vous de la rigidité: des mondains qui disent connaître les lois immuables du bon goût et du mauvais goût, des marchands qui ne vantent que leurs marchandises et des érudits qui légitimisent ou délégitimisent tout propos... Allez sur le terrain des saveurs, pratiquez, osez.

"Quand vous entrez dans la Voie du thé, peu importe que vous vous ridiculisiez, même si cela vous fait peur, car on n'y verra ni honte ni disgrâce. Commettez des erreurs, suscitez des reproches, acceptez d'être repris, et apprenez".

Il n'y a que ceux qui ne font rien qui ne cassent rien...

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