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Se rappeler : traverser les millénaires et les continents pour se retrouver autour d'un bol de thé...
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Chap.

b. A travers le temps

2. Les trois âges du thé

 
 
 
Brique de thé
Epoque classique :
le thé compressé en brique
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Le thé n'a pas toujours été consommé comme maintenant. Disons, en langage de compagnon du thé, que le passé n'a pas été toujours passé, assujetti à l'éclairage du présent.

A l'aube de la rencontre entre l'homme et le théier, on devait faire bouillir des feuilles fraîches. Puis vers le troisième siècle on sécha les feuilles, on les réduisit en poudre puis on le bouillait. Enfin vint ce qu'on appelle les trois âges.

Nous découvrons ainsi que dans l'époque dite classique, sous la dynastie Tang (618 - 907), le thé était bouilli. On préparait des briques de thé (en fait du thé compressé) qui se transportaient facilement sur les routes du thé: de la Chine du Nord à la Mongolie et de la Chine du Sud-Ouest au Tibet. Cette dernière longue de 1500 km, fréquentée par des caravanes de chameaux ou de yacks, traversait une cinquantaine de cols et parfois à plus de 5 000 m d'altitude. En Mongolie on échangeait le thé contre des chevaux et des fourrures et, au Tibet, contre des minéraux et des peaux de yacks. Pour préparer un thé il fallait alors chauffer les briques pour les émietter puis les faire bouillir avec du sel "quelquefois, on ajoute des ingrédients comme des oignons, ou du gingembre. De tels breuvages ne valent pas plus que des rinçures de gouttières et de caniveaux" (Lu Yu)... "rinçures de caniveaux" très répandues dans le nord... Ceci était en fait une soupe. Les tibétains connurent le thé à cette époque et le consomment encore ainsi.

Il faut aussi savoir qu'on se servait aussi de ces briques comme valeur d'échange. Cette monnaie, loin de se déprécier dans les contrées lointaines devenaient de plus en plus précieuse à mesure que l'on s'éloignait des lieux de production. La Chine ouvrit même un Ministère du Cheval et du thé, habilitant des commissaires du thé à faire respecter même dans les contrées lointaines le monopole d'état sur les exportations. Ce ministère avait pour mission d'échanger du thé aux peuples "barbares" et impétueux du Nord contre des chevaux. En effet la Chine, ne possédant pas de chevaux, ne pouvait en procurer à son armée que par ce seul biais. A plusieurs reprises menaçant de réduire voire suspendre ses livraisons de thé, elle tint ces voisins du nord sagement au respect... sauf à quelques reprises.

 
 
 
Matcha
Epoque romantique :
le thé écrasé en fine poudre
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Puis lors de l'époque dite romantique, sous la dynastie Song (960 - 1279), le thé fut battu. Il était alors écrasé, par une meule, sous forme d'une très fine poudre. Il fallait donc, avec un fouet en bambou, battre cette poudre dans de l'eau chaude. Les japonais découvrant le thé pendant cette période utilisent toujours ce procédé lors de leurs cérémonies du thé (le Chanoyu). Les "chien" (larges bols peu profonds) remplacent les grands bols. Grand succès des coloris bleu sombre nuancé de brun et appelés "fourrure de lièvre".

Sous la dynastie Ming (1368 - 1644), époque dite naturaliste, le thé n'était plus en brique ou en poudre mais en feuilles qu'on laissait infuser. La bouilloire remplace la "bouteille à thé" (ou p'ing), apparition de la théière et de petites tasses sans anse. L'emploi du chung semblant être plus tardif (dynastie Qing 1664-1911). L'Europe découvrit le thé à cette époque et le consomme toujours ainsi: "les Chinois jettent quelque quantité de ces feuilles en un petit vaisseau d'eau bouillante et après cela, quand elle a attiré la vertu et faculté des feuille, ils boivent chaude, rejetant les feuilles" (Matteo Ricci, 1590). Des pessimistes disent "époque décadente" pensant, avec facilité, que la décadence est un privilège du temps présent... mais si les pessimistes avaient raison, cela se saurait.

Notons que Simon Pauli pensait que le thé avait été introduit en Chine par les Tartares dans la première moitié du XVIIème siècle... alors que les Européens achetaient déjà du thé chinois dès le début de ce siècle!

Le thé n'est donc pas cette boisson, possédant une couleur et un goût, servie nature ou citron, que nous pensions avec un peu d'orgueil, connaître. Oui le thé a voyagé au travers les pays, les civilisations et les âges. Loin d'être figé il fait mentir ceux qui, régulièrement, le disent "sous sa forme parfaite et définitive". Or la Voie du thé privilégie l'Imparfait "puisqu'il est un effort pour accomplir quelque chose de possible dans cette chose impossible que nous savons être la vie". Le thé est donc sans finition ni perfection, n'apprécie guère le "stricto sensu". Il est mouvant et vif comme l'esprit du torrent jaillissant de la source fraîche. Le thé n'est ni commercial ni conservateur, exotique ou folklorique. Simplement, il est tel que nous sommes aujourd'hui puisque les hommes savent si mal cacher les choses et que "toute vie est révélation de ce que nous sommes".

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